Jasmine Depikolozvane est née en 1979 à Bjelovar en Croatie dans la région de la Slavonie, non loin de la frontière hongroise. Ses parents ont quitté la Yougoslavie de l’époque pour s’installer en France en région parisienne. Elle a grandi dans une famille qui cherchait à concrétiser ses fantasmes de la vie en « Ailleurs ». Cette double identité l’a naturellement poussé à comparer les choses et à observer son environnement.

En 1998, elle entre aux Beaux Arts de Versailles et sort diplômée avec mention très bien, après avoir présenté une installation photographique sur le thème du bonheur. L’artiste avait incrusté son visage derrière des portraits photographiques de personnes qui avaient des différences visibles ou invisibles tel qu’une couleur de peau différente ou bien une surdité totale.

Cette série répondait à la question suivante : Et vous, si vous aviez la vie d’un autre, seriez vous plus heureux ?

Dès son entrée aux Beaux Arts, elle à été sensible aux travaux de Christian Boltanski, Mladen Stilinovic, Maurizio Cattelan, Rineke Dijkstra et Nan Goldin. La mémoire, l’identité, l’intime, sont des thèmes récurrents dans ses travaux.

Plasticienne, elle s’est appropriée de nombreuses techniques en sélectionnant les médiums qui serviront le mieux l’expression et le sujet qu’elle choisit. Ainsi Broderies, photographies, installations sont venues interroger le spectateur. Curieuse des raisons de l’existence, du vrai et du faux, elle s’est laissée inspirer par les questions suivantes: Y a t-il ici la vie ou est ce une mise en scène ? De quoi remplit-on nos vies ? Que reste-il après notre passage ?

Ces dernières années, influencée par des artistes comme Joan Mitchell, Cecily Brown, ou Cy Twombly son travail s’est davantage tourné vers la peinture expressionniste.